(tageblatt.lu) La « Jeune Gauche » a organisé, ce lundi, une manifestation au Grund afin de s'opposer au déploiement continu de la force maritime européenne au large des côtes somaliennes. Particulièrement visée dans ce contexte, la participation luxembourgeoise.
C'est dans le but de dénoncer les dérives continues des pouvoirs exécutifs des pays membres de l'UE, y compris le Luxembourg, que la « Jeune Gauche » s'est mobilisée ce lundi. En effet, face à l'absence d'institutions étatiques en Somalie, le phénomène de la piraterie a pris de l'ampleur et menace de s'intensifier encore plus. Pour les manifestants, la solution au problème ne réside absolument pas dans une initiative militaire à l'image de la mission « Atalanta ».
Pis, les manifestants dénoncent l'hypocrisie des puissances européennes selon laquelle « Atalanta » est la seule solution crédible à la piraterie somalienne.
Or, pour la « Jeune Gauche » les puissances occidentales ont une part de responsabilité importante dans l'intensification de la piraterie somalienne. Une des causes liées à cette responsabilité s'avère être la présence de la pêche industrielle occidentale aux larges des côtes somaliennes. Cette dernière aurait comme conséquence néfaste de dérober la pêche aux petits pêcheurs somaliens lesquels ne trouvent d'autres solutions que le recours à la piraterie afin de survivre au sein d'un pays affamé depuis des décennies.
Le déploiement de la mission « Atalanta », et la rhétorique protectionniste avancée par les politiques européens ne sont, dans ce cadre, qu'une argumentation de mauvais goût cherchant à légitimer le contrôle de la route maritime, "procédé qui n'est pas sans rappelé les traditions colonialistes". En effet pour la « Jeune Gauche », la seule solution crédible à l'éradication de la piraterie somalienne réside dans l'aide au développement et plus particulièrement à la mise en place d'institutions étatiques solides.
De plus, la « Jeune Gauche » dénonce la militarisation continue de l'UE qui, à travers le Traité de Lisbonne, tente d'englober les États membres à une participation quasi-systématique aux opérations militaires européennes. Mais c'est surtout la procédure de prise de décision dans le domaine qui inquiète la « Jeune Gauche ». Ainsi, suivant le Traité de Lisbonne, les décisions de la participation militaire d'un pays échapperont plus facilement au contrôle des parlements nationaux. Dans ce cadre, la « Jeune Gauche » somme les politiques luxembourgeois à remédier à la perte de contrôle parlementaire.
Pour Claude Frentz, membre actif de Déi Lénk, le Luxembourg devrait prendre exemple sur la politique de neutralité irlandaise, ainsi que le revirement judiciaire que vient de connaître l'Allemagne au sujet du Traité de Lisbonne.
Toujours selon Claude Frentz, le Luxembourg devrait sérieusement songer à se retirer des organisations militaires à l'image de l'OTAN et de la PESD. En effet, ce dernier craint que le Luxembourg ne se voit être embarqué dans des opérations militaires qui ont comme seul but d'étendre les influences néocolonialistes des puissances occidentales. Ainsi, la « Jeune Gauche » compte, grâce à la présence du député André Hoffmann à la Chambre, transmettre les questions parlementaires sujettes à la position luxembourgeoise face à l'opération « Atalanta » et à ses engagements militaires.
Pour les manifestants, la situation est claire: le combat contre la piraterie somalienne doit avant tout être un combat contre la misère, et en aucun cas servir de légitimation à la présence militaire européenne dans un contexte d'enjeux géopolitiques.